• Il est trois heures du matin, Franck bougon termine de ranger le bar et 
s'apprĂŞte Ă  fermer l'Ă©tablissement, quand surgit une jeune fille. C'est 
vrai il pleut très fort dehors et il tonne même. Mais bon il est trois 
heures du matin !!
  • Un an après leur rupture, Alice dĂ©barque Ă  trois heures du matin, chez Hugo !! Elle qui croyait Ă  l’amour Ă©ternel, pur, absolu, lui plus terre Ă  terre, rĂ©aliste, peut-ĂŞtre moins envie de « s’installer ».
  • Encore ! Allez-vous me crier dans les oreilles. Ben oui, encore, mais lĂ  c’est un misanthrope pas commun. D’abord cela se passe de nos jours. Ils ont tous des tĂ©lĂ©phones portables. Rien ne choque, tout est plausible. VoilĂ  l’extraordinaire talent de Molière.
  • Et nous voilĂ  embarquĂ©s dans une sĂ©rie d'Ă©vènements avec les spectateurs comme principaux
  • HystĂ©ries est une sĂ©rie de saynètes sur la rupture, l’amour, la trahison et mĂŞme le meurtre .


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Mort et transfiguration...

INFOS PRATIQUES
Affiche du spectacle
© Vincent Lucas
Du 12/04/2011
au 13/04/2011

Mardi Ă  14h, mercredi Ă  15h.
Théâtre des Halles
4, rue Noël-Biret
84000 AVIGNON
Réservations :
04 90 85 52 57
La mort, le deuil sont des Ă©lĂ©ments essentiels de l’œuvre de Wajdi Mouawad, Ă©lĂ©ments qu’il a su intĂ©grer puissamment Ă  la modernitĂ© de son théâtre. S’y ajoute dans Pacamambo le difficile passage de l’enfance Ă  la prĂ©adolescence pour une toute jeune fille soumise Ă  une rude Ă©preuve : la mort d’un ĂŞtre cher entre tous. Julie, 12 ans, a perdu sa grand-mère Marie Marie, la personne qu’elle aimait le plus au monde. Marie Marie, un soir, c’est la lune qui est venue la chercher... pour l’emmener au pays de Pacamambo... ce pays oĂą chacun de nous est en mĂŞme temps tous les autres : le pays de l’empathie totale. RĂ©voltĂ©e par cet Ă©vĂ©nement et accompagnĂ©e de son chien qu’elle appelle Le Gros, Julie se rĂ©fugie avec sa grand-mère – ou plutĂ´t sa dĂ©pouille mortelle – dans une cave de l’immeuble. On la retrouvera au bout de trois semaines, couchĂ©e auprès de Marie Marie en Ă©tat de dĂ©composition avancĂ©e dont elle a tentĂ© de prĂ©server l’aspect humain Ă  force de maquillages...

A la psychiatre qui a dû la prendre en charge, Julie finit par raconter cet étrange voyage qu’elle a accompli. Vers Pacamambo, qui apparaît comme la représentation mentale d’un paradis perdu, mais aussi et surtout vers une certaine maturité affective et intellectuelle au-delà de sa profonde révolte contre la mort, cet événement qui fonde le tragique de toute vie et qui, probablement, en justifie la dimension spirituelle.

La mise en scène intelligente et imaginative de Marie Provence – qui interprète aussi la Mort car la Mort au théâtre est bel et bien un personnage – est chargĂ©e d’images fortes et de symboles jusqu’à l’onirisme et au fantastique. Avec des moyens matĂ©riels limitĂ©s, elle nous donne Ă  voir, Ă  vivre ce voyage dans le monde intĂ©rieur de Julie, ses dĂ©couvertes de l’univers post mortem. Ici, derrière les Ă©lĂ©ments visuels et sonores au service de la mise en scène, la mort se dĂ©finit bien comme l’épreuve terminale destinĂ©e Ă  aider l’être humain Ă  transcender la souffrance d’une sĂ©paration que l’on pense dĂ©finitive. Au-delĂ  de ce point de non retour, et au terme de cette expĂ©rience, il ne reste que l’amour, l’amour de la vie et des ĂŞtres, et c’est l’essentiel...

Dans le personnage de Julie, Marion Duquenne fait preuve d’une forte sensibilitĂ© et d’une belle prĂ©sence. Francesca Giuliano – la grand-mère, Jean-Jacques Rouvière – le chien – et Sophie Lacoste – la psychiatre, complètent très bien la distribution. VoilĂ  un spectacle essentiel, riche de signification et souvent bouleversant que l’on aimerait bien revoir lors d’un prochain Festival d’étĂ© Ă  Avignon.
Mis à jour le 15/04/2011

  En complément
 À LA UNE 5e Festo Pitcho Ă  Avignon

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