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Une femme burlesquement irrésistible et pathologiquement révoltée

INFOS PRATIQUES
Affiche du spectacle
© X,dr
Du 30/03/2011
au 11/06/2011

Du mercredi au samedi à 19h.
Guichet-Montparnasse
15, rue du Maine
75014 PARIS
Métro Montparnasse
Réservations :
01 43 27 88 61
Site Internet
Mettre en scène du Dario Fo, l'exercice est funambulesque. Chacune des pièces du célèbre auteur italien révèle un style différent mettant en scène des hommes et des femmes d'hier et d'aujourd'hui. Des personnalités qui ont marqué l'actualité locale et internationale, des gens ordinaires qui fourmillent de-ci, de-là dans des petites vies banales, sans artifice. La pièce Une Femme seule a été écrite à quatre mains, celles de Franca Rame, la compagne de Dario Fo et les siennes. Une partition à quatre mains accordée sur le diapason de l'existence de Maria. Une vie entre ciel et terre traversée entre isolement dénuement humain.

Pour mettre en scène cette pièce, il fallait compter sur le talent d'un grand homme de théâtre, Bernard Pisani. Non pas qu'il soit grand de taille, mais son expérience au service du spectacle vivant est démesurément extraordinaire. Elle se mesure sur l'échelle du succès car toutes les scènes lyriques de France et d'Europe, l'accueillent en leur sein. Sa vie, une valse à trois temps dans la vie parisienne, un opéra de quat'sous qui l'amène à la direction d'acteurs dans le répertoire théâtral contemporain. L'amour masqué pour l'opéra se dissipe sous les arcs du pont des soupirs et émerge l'enlèvement de Bernard Pisani pour une servante maitresse, Une Femme seule.

Quelle mise en scène !

Le décor, un exercice de style révolutionnaire. Le mobilier n'encombre pas le plateau, seule une chaise sise à droite où est posé un poupon. Ce qui se passe se trouve au fond de la scène. Voyez une table avec un fatras d'objets tous aussi hétéroclites les uns que les autres. Derrière la table, un jeune gars qui compile, range, déplace, monte le volume d'une radio. Bref, il est dans son petit monde pour le moins étrange. Alors, ne le dérangeons pas. Après tout, Une femme seule, c'est l'affaire d'une femme et pas du p'tit gars.

La musique est omniprésente dans la pièce de théâtre et dans chaque pièce de l'appartement. La radio dans le séjour, le tourne-disque dans le salon, le magnétophone dans la cuisine, la télé dans la chambre. Maria exècre le silence.

Musique.

Cela commence par une journée ordinaire comme n'importe quelle journée pour une femme au foyer. La routine mène bon train et ne la ménage pas beaucoup. Maria est l'épouse d'Aldo, un gentil mari qui pense bien à elle, du matin au soir. Un homme avec des attentions... particulières. Pensez, il enferme sa femme à clé dans l'appartement dès qu'il part au travail. La douce Maria a la chance de partager son quotidien avec son beau-frère handicapé. Le pauvre, un accident de la route et le voilà réduit à la chaise roulante. Il a perdu l'usage de la parole et de ses jambes. Mais, le reste monte bien car c'est un obsédé sexuel de première. Toutes les femmes de ménage sont parties. Pensez, elles en avaient plus qu'assez d'être tripotées sous les jupes. Maria et Aldo ont eu deux enfants, une grande fille, passons, et un joli bébé à la frimousse rouge des coups de pieds et claques que lui donne affectueusement sa mère. En vis-à-vis de son foyer, une nouvelle voisine s'est installée. En Italie, on lie facilement connaissance et les langues se délient. De fenêtre à fenêtre, les confidences vont bon train, des arlequinades sur tout et rien, histoire de dire des choses. Ici, même les banalités de la vie sont considérées importantes. Pensez, on ne fait la soupe avec des épluchures ! La journée de Maria est ponctuée par des visites impromptues, le voyeurisme du voisin d'en face, les jérémiades du beau-frère et ses envies subites de faire la chose, les pleurs du bébé.

Durant une heure, la pièce alterne entre tendresse et colère. Brigitte Lucas, interprétant le rôle de Maria, est désinvolte et grinçante. Elle catapulte à sa façon l'absurdité qui régit le quotidien des femmes au foyer, bonnes à tout à faire. Ses réparties sont millimétrées et lancées avec verve à l'assemblée. Les mots tirent à balle réelle dès que la tension monte. C'est souvent car Maria a le tempérament latin. Un rôle très bien distribué par Brigitte Lucas qui fait preuve d'une belle auto-dérision. Que dire de l'énergie déployée du début à la fin. Une prouesse.

Quant au p'tit gars derrière sa table et son étal d'objet, façon vide-grenier. Il s'agit de Romain Mascagni, un jeune technicien du son qui assure tous les bruitages sur la manipulation d'objets. C'est tout simplement géant ce qu'il arrive à réaliser avec un panier à salade, un sèche-cheveux, etc. Félicitations Romain.

Tous ces ingrédients contribuent à une belle mise en scène de Bernard Pisani. Une Femme seule, une pièce de belle facture pour toutes les femmes d'aujourd'hui... et des hommes aussi.
Mis à jour le 11/04/2011
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