• Nous voyageons avec Jean
vers le chemin de son vieillissement, vers sa voie choisie mais parfois subie.
  • Deux anciennes ''girls de cabaret'' courent à un rendez-vous avec l’homme quelles ont aimé follement vingt ans plus tôt.
  •  Molière passe toutes les époques. Mais Caroline Rainette lui a donné une cure de jouvence.
  • Barbe bleue, le conte de Charles Perrault revisité dans une version comédie musicale fraîche et délicieusement cruelle.
  • L'affiche ne trompe pas, c'est bien là qu'on vient réveiller papilles et pupilles !Entrez ! Entrez ! Le spectacle va commencer !


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INFOS PRATIQUES
Affiche du spectacle
© D. Jaussein
Du 07/10/2010
au 16/10/2010

Jeudi 7 à 20h, dimanche 10 à 15h, mercredi 13 à 20h, samedi 16 à 20h.
Opéra de Nice
4-6 rue Saint-François de Paule
06300 NICE
Réservations :
04 92 17 40 00
Site Internet
On attendait comme un petit événement cette production néerlandaise signée par Robert Carsen, une première en France ! Le premier mérite du metteur en scène – sans doute le plus original de sa génération – est d’avoir trouvé, par des moyens réduits à l’extrême (on pense souvent à la régie d’un Jean Vilar dans cette ascèse et pureté d’approche), à travers l’expérience de l’angoisse, la simplicité de l’existence nue, celle de la solitude à deux, à quatre, à cent...

Dans un cadre scénique clos, d’une sobriété étouffante, on retrouve également le dynamisme, le rythme du docudrame, les bruits et les fureurs de l’Evénement, avec cette opposition pertinente, si essentielle à l’œuvre, entre ce qui ressort du Dehors (la Révolution et ses péripéties) et ce qui ressort du Dedans (le Couvent).

La mise en scène gomme habilement aussi les aspérités d’un poème avant tout secret, pour mieux privilégier le style feutré de ces dialogues d’amour et de terreur. Il est vrai aussi que le texte simple et dépouillé de Bernanos fournit un réel découpage cinématographique d’une parfaite progression dramatique.

Un bémol à ce superbe travail : l’effroyable scène finale, la montée à l’échafaud. Qui ressemble ici à une séance d’aquagym avec circonvolutions aériennes bien peu gracieuses – style Vérolée et Avina de la mauvaise époque – un tantinet ridicules, cassant d’un rien les seize "coups de fouet" de ce formidable decrescendo. Minimes réserves.

Il passe parmi les chanteurs un impérieux, un rare courant de mysticisme. Ce que l’on entend sur la scène niçoise dépasse de loin les pratiques de l’opéra culinaire. Bornons-nous donc à simplement souligner la prestation de Karen Vourc’h (Blanche de la Force sincère et passionnée, dont la voix possède toute la fraîcheur que requiert le rôle), la soprano trouvant en outre une jolie complicité avec la pétulante Constance d’Hélène Guilmette.

En grande tragédienne, Sylvie Brunet demeure lumineuse d’ampleur et égale à elle-même. Ses scènes sont d’inoubliables morceaux d’anthologie. Véritable chêne abattu par la mort, cette Première Prieure parvient, lors de son insoutenable agonie, à nous faire oublier qu’il s’agit du moment capital du don mystique, préparant ainsi le transfert de la grâce lorsque, à la fin de l’ouvrage, Blanche surmontera sa peur pour partager le supplice de ses consœurs. Immense artiste qui, avec cet emploi, se hisse à l’empyrée des plus glorieuses titulaires du rôle : Scharley, Gorr, Crespin...

Impériale, visionnaire, belle à se faire damner tous les saints du Paradis, June Anderson chante une rayonnante Seconde Prieure, toute de douceur autoritaire et de bon sens populaire. Conférant de plus au texte un tragique pénétrant.

Sophie Koch enfin est une Mère Marie dont le sec plumage vaut bien le ramage. Quel rôle ingrat quand-même...

Impeccable participation de Frédéric Antoun (Chevalier de la Force), des commissaires du peuple, des Carmélites, du chœur (inquiétant, oppressant, menaçant)... Déplorons un marquis à bout de chant, de souffle, de tout... et un aumônier baroqueux à l’extrême, très cup-of-tea et à la voix aussi légère qu’un nuage de lait.

Peu de temps avant sa mort, Francis Poulenc, très conscient de l’aspect hiératique et massif de l’orchestration des Dialogues pensait sérieusement à la remanier de fond en comble. Ne cherchant pas à rendre transparente une écriture qui ne l’est pas, Michel Plasson n’a pas fait un sous produit de Pélléas. Cette musique sèche, électrisante trouvait soudain une curieuse sensualité, une spiritualité, un lyrisme qui ne pouvait que convaincre le plus mécréant d’entre-nous.
Mis à jour le 09/10/2010
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