• Un jeu d’acteurs virevoltant et une pièce pleine de facĂ©ties.
  • Un conte Ă©cofĂ©ministe pour enfants ! Original, inventif, dynamique et questionnant ! Une vĂ©ritable pĂ©pite Ă  aller dĂ©couvrir au ThĂ©o Théâtre.
  • Après un arrĂŞt cardio-respiratoire de 35 minutes, Olivier Maillet, atterrit plus mort que vif au service rĂ©animation de l'hĂ´pital Bichat, Ă  Paris.
  • A applaudir tant il est rare d'Ă©couter un texte lĂ©gendaire se dire avec humilitĂ©.
  • Une vraie prouesse. L'un des meilleurs spectacles pour enfants depuis longtemps.


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INFOS PRATIQUES
Affiche du spectacle
© D. Jaussein
Du 07/10/2010
au 16/10/2010

Jeudi 7 Ă  20h, dimanche 10 Ă  15h, mercredi 13 Ă  20h, samedi 16 Ă  20h.
Opéra de Nice
4-6 rue Saint-François de Paule
06300 NICE
Réservations :
04 92 17 40 00
Site Internet
On attendait comme un petit Ă©vĂ©nement cette production nĂ©erlandaise signĂ©e par Robert Carsen, une première en France ! Le premier mĂ©rite du metteur en scène – sans doute le plus original de sa gĂ©nĂ©ration – est d’avoir trouvĂ©, par des moyens rĂ©duits Ă  l’extrĂŞme (on pense souvent Ă  la rĂ©gie d’un Jean Vilar dans cette ascèse et puretĂ© d’approche), Ă  travers l’expĂ©rience de l’angoisse, la simplicitĂ© de l’existence nue, celle de la solitude Ă  deux, Ă  quatre, Ă  cent...

Dans un cadre scĂ©nique clos, d’une sobriĂ©tĂ© Ă©touffante, on retrouve Ă©galement le dynamisme, le rythme du docudrame, les bruits et les fureurs de l’EvĂ©nement, avec cette opposition pertinente, si essentielle Ă  l’œuvre, entre ce qui ressort du Dehors (la RĂ©volution et ses pĂ©ripĂ©ties) et ce qui ressort du Dedans (le Couvent).

La mise en scène gomme habilement aussi les aspérités d’un poème avant tout secret, pour mieux privilégier le style feutré de ces dialogues d’amour et de terreur. Il est vrai aussi que le texte simple et dépouillé de Bernanos fournit un réel découpage cinématographique d’une parfaite progression dramatique.

Un bĂ©mol Ă  ce superbe travail : l’effroyable scène finale, la montĂ©e Ă  l’échafaud. Qui ressemble ici Ă  une sĂ©ance d’aquagym avec circonvolutions aĂ©riennes bien peu gracieuses – style VĂ©rolĂ©e et Avina de la mauvaise Ă©poque – un tantinet ridicules, cassant d’un rien les seize "coups de fouet" de ce formidable decrescendo. Minimes rĂ©serves.

Il passe parmi les chanteurs un impérieux, un rare courant de mysticisme. Ce que l’on entend sur la scène niçoise dépasse de loin les pratiques de l’opéra culinaire. Bornons-nous donc à simplement souligner la prestation de Karen Vourc’h (Blanche de la Force sincère et passionnée, dont la voix possède toute la fraîcheur que requiert le rôle), la soprano trouvant en outre une jolie complicité avec la pétulante Constance d’Hélène Guilmette.

En grande tragĂ©dienne, Sylvie Brunet demeure lumineuse d’ampleur et Ă©gale Ă  elle-mĂŞme. Ses scènes sont d’inoubliables morceaux d’anthologie. VĂ©ritable chĂŞne abattu par la mort, cette Première Prieure parvient, lors de son insoutenable agonie, Ă  nous faire oublier qu’il s’agit du moment capital du don mystique, prĂ©parant ainsi le transfert de la grâce lorsque, Ă  la fin de l’ouvrage, Blanche surmontera sa peur pour partager le supplice de ses consœurs. Immense artiste qui, avec cet emploi, se hisse Ă  l’empyrĂ©e des plus glorieuses titulaires du rĂ´le : Scharley, Gorr, Crespin...

Impériale, visionnaire, belle à se faire damner tous les saints du Paradis, June Anderson chante une rayonnante Seconde Prieure, toute de douceur autoritaire et de bon sens populaire. Conférant de plus au texte un tragique pénétrant.

Sophie Koch enfin est une Mère Marie dont le sec plumage vaut bien le ramage. Quel rôle ingrat quand-même...

Impeccable participation de FrĂ©dĂ©ric Antoun (Chevalier de la Force), des commissaires du peuple, des CarmĂ©lites, du chœur (inquiĂ©tant, oppressant, menaçant)... DĂ©plorons un marquis Ă  bout de chant, de souffle, de tout... et un aumĂ´nier baroqueux Ă  l’extrĂŞme, très cup-of-tea et Ă  la voix aussi lĂ©gère qu’un nuage de lait.

Peu de temps avant sa mort, Francis Poulenc, très conscient de l’aspect hiératique et massif de l’orchestration des Dialogues pensait sérieusement à la remanier de fond en comble. Ne cherchant pas à rendre transparente une écriture qui ne l’est pas, Michel Plasson n’a pas fait un sous produit de Pélléas. Cette musique sèche, électrisante trouvait soudain une curieuse sensualité, une spiritualité, un lyrisme qui ne pouvait que convaincre le plus mécréant d’entre-nous.
Mis à jour le 09/10/2010
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