• 1914. Eugène, aussi beau qu’insolent, part pour le front comme engagé volontaire. Un excellent moment.
  • Après Le Balcon et Les Bonnes, La Comédie-Française donne Haute-Surveillance de Jean Genet. C’est un diamant noir qui s’offre au public et qui mériterait une captation.
  • La dernière rencontre de Titus et de Bérénice vue par Robert Brasillach
  • Anémone joue son Boulevard du Crépuscule. Abordée sans détour,  la Maladie d’Alzheimer.  Beaucoup de nostalgie. Le rire en plus.
  • Un huis-clos romantique, teinté de poésie. La raison dérive et pourtant les acteurs sont bien là, en chair et en os.


Toutes les pieces de Moliere

Vos textes de théâtre en ligne
Notre sélection de spectacles
Vos petites annonces gratuites



de Julien Séchaud
Mise en scène de Annie Vergne
Avec Laurence Allainmat, Anne-Chantal Bourdillat, Ghislain Geiger, Julien Séchaud, Annie Vergne

Rendez-vous salle des pas perdus... pour tout le monde.

INFOS PRATIQUES
Affiche du spectacle
© X,dr
Du 26/09/2010
au 18/12/2011

Dimanche à 15h30.
Guichet-Montparnasse
15, rue du Maine
75014 PARIS
Métro Montparnasse
Réservations :
01 43 27 88 61
Site Internet
Sur la scène, le décor se fond dans une lumière blafarde. Dans un coin, une femme assise sur une chaise sommeille avec un ours en peluche enserré au creux de ses bras, au creux d'un rêve certainement. A l'autre bout, un matelas posé à même le sol, laisse deviner une forme indistincte dissimulée sous une couverture.

Qui sont ces gens ? Où sont-ils ? Que font-ils ici ? Arrivée de nulle part au milieu de la nuit, surgit une autre femme. La lumière la suit comme son ombre jusque vers celle qui dort. Qui est-elle ? Pourquoi vient-elle là d'un pas décidé ?

Un pas décidé comme si le besoin d'annoncer une nouvelle, parfois mauvaise au milieu de la nuit, se fait ressentir. Courte apparition, quelques mots prononcés à celle qui tient le nounours, et elle disparaît.

Un écho dans la nuit perce le silence, un jingle destiné à introduire une information transgresse les oreilles bercées par l'onde nocturne.

Les deux personnages, les yeux embués de sommeil, écoutent sans écouter la voix claire et audible annoncée que le train numéro XXX partant de la gare de Marseille Saint-Charles à destination de la gare de Toulouse-Matabiau accusera un retard de plusieurs minutes.

Soudain, tels deux automates, leur regard converge simultanément vers cet inconnu qui débarque, valise en main, dans ce huis-clos intrinsèque. La mine hagarde, l'homme se détache de toute considération et marque de convivialité. Il s'assoit en amont, les yeux balaient partout autour de lui. Perplexe et en proie à un doute subi, il s'interroge. Que fait-il ici ? Où est-il ? Quel est la date ?

Les questions font des allers-retours sans détour, ni contrefaçon entre les trois occupants des lieux. Les réponses aussi succinctes soient-elles, les explications demeurent vaines. Aucun risque de décrocher les étoiles.

Une tension diffuse déclenche un court-circuit sur la scène ; les protagonistes, entre deux étincelles de répliques acerbes, tentent une approche façon triple alliance. Le microphone continue de postillonner des informations commerciales de trains qui auront un retard certain ou ne s'arrêteront pas du tout sur le quai de cette gare.

C'est bien dans une gare que se déroule cette intrigue. Une gare où la vie a fini de passer. Une intrigue aussi obscure que peut l'être la couleur encre de la nuit. Une encre dont la couleur est noire en ses tréfonds, une encre éclairée à sa surface par une lueur cristalline.

Les trois personnages se confondent par le coma respectif dans lequel ils sont plongés. Pour eux, la vie n'est tenue qu'à un nœud coulissant vers l'espoir d'une résurrection. Pourtant, si d'apparence les corps ne répondent pas, l'inconscient réagit face à cet état latitudinaire. Réunis dans la même pièce, une pièce qui ressemble à une salle d'attente de gare, leurs esprits vivent, s'agitent, s'interrogent et regardent l'avenir et considèrent leur destin comme une fin. Ils n'ont d'autonome que la volonté liée au subconscient de rester ou partir.

Le texte de Julien Séchaud traite de façon très convaincante la question de la mort, avant, pendant et après le coma. Faut-il avoir été victime de cet état de fait pour comprendre le ressenti des gens qui s'en sont sortis. Avec des mots simples, Aimez-vous la nuit pose les limites de l'inconscient. Les limites, y en a-t-il vraiment ?

La mise en scène ne prête pas à rire, le sujet évoqué est grave et sérieux. Cependant, l'émotion caresse la peur dans le jeu des répliques. Des répliques toujours bien amenées, pimentées à petite dose de dérision et épicées de drôleries.

L'interprétation des comédiens est juste, une présence constante maquillant la nuit par une lueur d'espoir marque l'assurance de leur prestation. Aimez-vous la nuit, un concentré émotionnel et tellement authentique adopté par la valeur du texte de Julien Séchaud, une mise en scène percutante et soignée, les comédiens donnent le la sur le comportement humain, un ut relatif à la remise en question personnel et un fa pour l'amour porté aux autres.

Une création sur la scène du Guichet-Montparnasse à voir avec un regard extérieur à soi. Si le temps est incertain, il est certain que le temps s'arrête sur un quai de gare, un jour ou l'autre...
Mis à jour le 04/11/2011
LE BON PLAN
Tarif préférentiel pour les membres du Club de La Theatrotheque.com à 9€ (au lieu de 18€ tarif normal, 13€ tarif réduit). Réservation en ligne, dans la limite des places et des quotas disponibles.
LA BILLETTERIE EN LIGNE EST ACTUELLEMENT FERMÉE
VOTRE AVIS
Donnez votre avis sur ce spectacle


Publicité
PARTENARIAT
PUBLICITE