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 Prix du meilleur spectacle et prix de la mise en scène du Grand Prix d'Afrique francophone 2009. Quand les tigres de Mandchourie investissent une troupe burkinabaise, le théâtre s'apprécie toutes griffes dehors.
INFOS PRATIQUES |
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© X,dr |
Jusqu'au 28/08/2010 Du mardi au samedi à 19h. |
Théâtre 14 20, avenue Marc Sangnier 75014 PARIS Métro Porte-de-Vanves |
Réservations : 01 45 45 49 77 |
Le Tigre, pièce écrite par Dario Fo, prix Nobel de Littérature en 1997, raconte l'histoire d'un soldat de l'armée de Mandchourie. Blessé par balle à la jambe, il se voit abandonner par ses compagnons quelque part dans les montagnes de l'ancienne province de Chine.
A l'origine, l'écriture de cette histoire se voulait l'interprétation par un seul comédien. La mise en scène d'Ildevert Méda pointe l'accent de cette représentation par la présence de deux comédiens. Ce duo originaire du continent africain, bien loin des contrées reculées de la Chine profonde, et plus précisément du Burkina Faso, parodie avec force, subterfuge et dérision cette pièce de théâtre.
Pour tout décor, un banc s'invite sur le plateau. Un banc témoin de l'ensemble des scènes jouées sur le ton du drame, de la sensibilité, de la remise en question de soi et de la dérision. A tour de rôle, Charles Wattara et Gérard Ouedraogo sont un seul et même homme, ce soldat blessé et laissé pour compte sur les sentes de la guerre.
De temps mort, le jeu des comédiens n'en permet pas à un soupçon d'ombre de se glisser dans ce récit où les répliques mitraillent de tout feu chaque silence. Les mots claquent, blessent, portent au cur. L'accent burkinabais prête à rire, sans retenue et fausse timidité, selon la situation contextuelle. Le duo n'a de cesse de virevolter, les répliques dansent sous les pas alternés de la spontanéité dégagée et de leur générosité perlant de gouttes de sueur et de bonheur. Le bonheur, le leur qui envahit la salle et se transmet de fauteuil en fauteuil.
Un grand moment de théâtre partagé entre la scène et le public. L'énergie déployée avec violence dans la mise en scène dénonce la misère humaine, la destinée de l'homme seul face à lui-même et conjointement dans la cohabitation bestiale et, in fine, humaine et sensible avec le tigre. Le félin, adversaire de l'homme en quête de pitance, s'apitoie et lui porte secours, jusqu'à le protéger.
Clin d'il à Romulus et Remus allaitant la louve. In situ, le soldat allaite la tigresse pour la soulager... elle-aussi, d'une certaine façon. L'homme et le tigre lient un pacte d'amitié basé sur la confiance et le respect mutuel. Si trahison, il y avait, lequel des deux se vengerait ?
Le Tigre ainsi adapté par d'Ildevert Méda s'écoute comme un conte. Le tigre interprété par Charles Wattara et Gérard Ouedraogo se regarde avec plaisir, un profond plaisir. Le genre de pièce qui reste gravé sur le disque dur de notre mémoire.
La Compagnie Théâtre Evasion n'a-t-elle pas été récompensée en 2009 lors du Grand Prix d'Afrique francophone en 2009 par le prix du meilleur spectacle et le prix de la mise en scène. Décidément la scène du Burkina Faso regorge de grands talents pour le plus grand plaisir du public d'ici et d'ailleurs. |
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Mis à jour le 23/08/2010
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