• Un jeu d’acteurs virevoltant et une pièce pleine de facĂ©ties.
  • Un conte Ă©cofĂ©ministe pour enfants ! Original, inventif, dynamique et questionnant ! Une vĂ©ritable pĂ©pite Ă  aller dĂ©couvrir au ThĂ©o Théâtre.
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  • A applaudir tant il est rare d'Ă©couter un texte lĂ©gendaire se dire avec humilitĂ©.
  • Une vraie prouesse. L'un des meilleurs spectacles pour enfants depuis longtemps.


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Marion Wassermann a choisi d'introduire dans le livret de cet opéra une tonalité homosexuelle...

INFOS PRATIQUES
Affiche du spectacle
© X,dr
Du 26/03/2010
au 28/03/2010

Le 26 mars Ă  20h, le 28 mars Ă  14h30 et le 30 mars Ă  20h.
Opéra de Nice
4-6 rue Saint-François de Paule
06300 NICE
Réservations :
04 92 17 40 00
Site Internet
Ces reprĂ©sentations de Rusalka ont leur petite histoire. Voici quelques mois, Ă  la première Ă  Athènes oĂą elle fut crĂ©e (l’œuvre est montĂ©e en coproduction), on a frisĂ© l’apoplexie. Voyez un peu. Marion Wassermann a en effet choisi d'introduire dans le livret de cet opĂ©ra une tonalitĂ© homosexuelle. La Rusalka d'Athènes et Nice (Ă  l’origine une nymphe des rivières et des lacs dans la mythologie slave) est reprĂ©sentĂ©e comme l'incarnation des dĂ©sirs homosexuels rĂ©primĂ©s du Prince, dont elle tombe amoureuse.

Courageuse idĂ©e, superbe initiative donc que de dĂ©poussiĂ©rer le rĂ©pertoire et faire bouger les choses. Dans l'une des scènes, on devait mĂŞme voir le prince embrasser un figurant masculin – qui est en fait son propre reflet dans un miroir. La metteur en scène ayant clairement Ă©tabli un parallèle avec l'histoire de Louis II de Bavière.

Tollé chez les Hellènes ! Lors des répétitions, des musiciens de l'orchestre de l'opéra, qui est subventionné par le gouvernement grec, ont vigoureusement réagi et ont tenté de faire supprimer la scène scandaleuse. Lors de la générale, elle fut supprimée sous le prétexte de la présence d'écoliers dans la salle. A la première, fort agitée, des musiciens de l'orchestre ont distribué des tracts au public, signés par des membres du conseil d'administration de l'orchestre, dans lesquels ils exprimaient leur frustration de voir un "conte de fées innocent" corrompu par une "imagerie homosexuelle extrême". Le conseil d'administration de l'opéra a dénoncé les tentatives de l'orchestre. Sans beaucoup de conviction, aux dires de certains activistes LGBT. Qui ont, deux jours après, envahi l'opéra et demandé à pouvoir lire un texte dénonçant l'homophobie de l'orchestre et la tentative de censure avant la représentation...

HĂ©las, Ă  Nice, rien de tout cela. Calme plat. Une gentille bronca toute mĂ©ridionale au rideau final... Au fait ? Pourquoi ? Les images Ă©dulcorĂ©es, sans Ă©pines et sans parfum, proposĂ©es ici par Marion Wassermann sont d’un clean, d’un soporifique achevĂ© ; ce fatras pseudo psycho-intellectuel transposĂ©, cuisinĂ© moussaka-pissaladière – Ă  y ĂŞtre, on aurait prĂ©fĂ©rĂ© des petits-farcis ! – restant indigeste, prĂ©tentieux, inutile et faux.

Ça et lĂ  par contre, quelques bonnes tranches de rigolade, comme la scène de drague du garde-chasse envers son prince, avec demi effeuillage obligĂ©, dont le torse musculeux et velu Ă  souhait a fait pâlir d’aise ma voisine de droite et mon voisin de gauche. Il n’est pire boisson que champagne Ă©ventĂ©.

Vocalement en revanche, le bonheur est complet. Natalia Ushakova donne une dimension surnaturelle et morbide au rôle titre et se sort avec honneur d’une partition meurtrière. Sonore, vaillant lui aussi, Arutjun Korchinian incarne un génie des eaux impressionnant. Solide prestation du Prince, des trois "nymphes" et de la soi-disant "sorcière", ces quatre dames semblant sortir d’un film de Fellini. Super-banco avec le garde-forestier d’Adam Plachetka, artiste rare, véritable force de la nature, baryton d’airain, sonore, puissant, sidéral, percutant, à entendre très vite dans le plus pur bel canto !

Claude Schnitzler dirige ce drame musical à la forte assise symphonique proche de la matière wagnérienne, et son monde, avec vitalité et un réel sens des couleurs, de la nuance. Sous sa baguette hyperlyrique, communicative, la lourde partition du maître tchèque s’irise de mille feux.
Mis à jour le 01/04/2010
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