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INFOS PRATIQUES
Affiche du spectacle
© Christian Dresse
Du 11/03/2010
au 14/03/2010

Jeudi, vendredi, samedi à 20h, dimanche à 14h30.
Opéra de Marseille
2 rue Molière
13001 MARSEILLE
Réservations :
04 91 55 11 10
Site Internet
Œuvre de circonstance composée à l’occasion du sacre de Charles X en 1825, la partition tomba rapidement dans l’oubli. Pas pour tout le monde car qui connaît bien le Comte Ory retrouve bon nombre de pages... Mais comment reprocher à Rossini d’avoir réutilisé sa propre musique étant donné qu’il était convaincu que ces deux soirées commémoratives seraient sans lendemain ?

En prenant ses fonctions de directeur musical du Thèatre des Italiens en 1824, Rossini commence tout d’abord à y présenter ses derniers succès : La Donna del Lago, Zerlmira, Semiramide... Mais le désir de donner in loco une œuvre nouvelle, de pénétrer la vie culturelle officielle parisienne, sa volonté de "gagner un certain nombre de batailles politiques et de maîtriser la langue française", le pousse à accepter une œuvre de commande – célébrer le sacre du Roi – en confiant les principaux rôles aux stars de l’époque : Damoreau, La Pasta, Cinti, Donzelli... Mais avons-nous là un opéra au sens classique du terme ?

Destinée à accompagner, on le voit, un moment précis de l’histoire et de la politique hexagonale, la partition fut rapidement mise au placard. Cette histoire loufoque de voyageurs dont la diligence tombe en panne près de l’Auberge du Lys d’Or, ne manque pourtant pas de piquant... sous la houlette d’une accorte hôtesse (Madame Cortese, ici Yun Jung Choi en excellente forme vocale). Chacun cherchera à fêter le souverain selon les coutumes de son propre pays. Le résultat ? Une véritable anthologie d’hommages reflétant les goûts de l’époque dans une ambiance très Jeu de l’amour et du hasard... Venant de suite après, Le Siège de Corinthe et Moïse (1827) éclipseront ce Voyage...

Par miracle, en retrouvera le manuscrit en 1982 dans les archives de l’Accadémia Santa Cecilia de Rome. Le langage de ce morceau choisi est à la fois ironique, plein de sous-entendus, la bouffonnerie côtoie le nostalgique et le crépusculaire, Rossini se payant même le luxe d’un clin d’œil à Mozart dans le fameux Air du Catalogue de Don Profondo (ici Marco di Sapia, autre très belle voix de la soirée) où la basse chante en plusieurs langues...

Difficile de citer l’ensemble du cast tant profusion de monde il y a, dans cette diligence. Mise en scène très fraîche de Nicola Berloffa, aidé par les décors et les costumes "très BD" de Guia Buzzi, mis en valeur par les éclairages de Fiammetta Baldiserri ! Irrésistible, on vous dit ! Tout ce beau monde sous la baguette de Luciano Acocella...
Mis à jour le 19/03/2010
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