• Un riche écrivain reçoit la lettre d'une femme qui lui révèle la passion qu'elle a nourrie pour lui, sans que jamais il ne s'en aperçoive.
  • Le pari est osé car cette forme théâtrale, ces enchaînements sans fioritures mettent de côté le divertissement au service de l’écoute attentive.
  • Plus de 30 ans de présence sur scène… L’indémodable Popeck fait toujours recette ! Son fidèle public le suit, toutes générations confondues...
  • La pièce la plus sombre d’Henrik Ibsen où l’auteur oscille entre la critique sociale et  son amour inconditionnel pour un personnage qu’on aurait plutôt tendance à détester.
  • Des jouets qui prennent vie ?! Un rêve d’enfant qui se réalise sur scène dans ce joli spectacle musical mêlant des danses, des chansons et textes drôles et tendres. C’est très réussi et le jeune public adore !


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"Je n'étais pas plus grand que cela, que je me signalais déjà par cent tours d'adresse jolis" Molière

INFOS PRATIQUES
Affiche du spectacle
© X,dr
Du 30/01/2010
au 08/05/2010

Théâtre des Variétés
7, boulevard Montmartre
75002 PARIS
Métro Grands-Boulevard, Richelieu-Drouot
Réservations :
01 42 33 09 92
Site Internet
Cette pièce, Les Fourberies de Scapin, inaugure la saison 1 du festival Coups de théâtre au Théâtre des Variétés. Dans le IIe arrondissement parisien, le nom de Molière s'inscrit en haut de l'affiche des Variétés, superbe théâtre à l'architecture grecque en son dessin intérieur, entre une maison où Chopin vécut de 1831 à 1832 et le célèbre Passage des Panoramas. Sur le trottoir d'en face, Molière invite de grands hommes de lettres, d'histoire et des arts du XVIIe siècle à suivre les mises en scène de ses pièces écrites quelque trois siècles, jadis. Ils n'en resteront pas de cire car Christophe Glockner présente ces Fourberies de Scapin avec l'accent et la touche qui lui confèrent un talent de metteur en scène de théâtre reconnu en France et à l'étranger.

Christophe Glockner, un talent, une énergie, de l'originalité, une personnalité. Un public intergénérationnel investit la grande salle des Variétés. A vrai dire, les collégiens remplissent l'orchestre et quelques places en balcon à côté des grands d'un lycée et d'adultes amoureux de la langue et belle littérature classique française. Silence, écoutez enfants et adultes.

Un musicien assis dans un fauteuil roulant – l'accordéon en bandoulière – se fait rouler par un ami le poussant à jouer quelques bons airs d'une musique entrainante, l'obole mise en évidence à qui voudra bien verser la dîme dans la gamelle. Potron-minet, le soi-disant invalide saute sur ses deux jambes et disparait en coulisse, juste le temps de... Le temps de revenir sur la scène où une ribambelle de saltimbanques dansent, jouent une musique tzigane gaie, délurée au son de l'accordéon ici, des cuivres là, de la guitare encore et une jeune femme battant la mesure sur une caisse résonnante.

Le public accompagne cette troupe en tapant des mains. Le ton est donné, ces Fourberies, vous le comprendrez d'aise et d'amusement, vont être détonantes pendant une heure et trente-cinq minutes. Le décor, une cabane aux couleurs très, comment dire, provençales, voire peuchère un tantinet kitch et nette et un cabanon, plus petit, moins cosy. Un cabanon quoi, pas de quoi en faire une salade ! Allez' ou !

Octave et Léandre, fils d'Argante et de Géronte, partis tous deux en voyage, tombent pour le premier, sous le charme de Hyacinthe, jeune fille pauvre et belle sous la couture, et pour le second de Zerbinette, jolie comme Néfertiti. Hyacinthe promise à Octave, le mariage est tout en dires à l'heure où de voyage, rentre Argante. Le fils, peu scrupuleux d'esprit, manque d'octave car réflexion faite, comment annoncer la nouvelle à son père, imposant de carrure et léger en monnaie. L'ami Léandre dispose d'un fidèle valet, jamais à cours d'idée pour venir en aide aux amis bien nés, Scapin.

Ce dernier utilise ruse et stratagème pour tenter d'extraire un peu de monnaie à Argante, avare et bien pis encore. Le vieux rétorque qu'il n'y a pas de mariage sans argent, l'argent n'est pas tout venant à qui voudra s'en rassasier sans suer corps et âmes à le gagner pour le mériter et le mériter pour le gagner. Ite missa est... pas tout à fait.

Argante confie à Géronte une maladresse commise par Léandre, de source de Scapin. Géronte, personnage respectueux et en père digne de ce nom, inflige sans détour une joute verbal à son fils. Ce dernier se venge illico presto en corrigeant Scapin d'avoir trahi la confiance instaurée en lui. Zerbinette, en proie à une éventuelle capture par la bande des Egyptiens, Léandre en revient à de meilleur sentiment pour Scapin et lui intime de l'aider de payer une rançon pour sa protégée.

Scapin, pas en reste dans sa façon d'agir, parvient à extraire avec la manière lingot et écus à Argante et Géronte. La somme récoltée, tout va bene; pensez-vous. Le valet entreprend de se venger de Géronte qui l'a injustement bafoué auprès de Léandre. Flot d'idées saugrenues tiraille Scapin à dissimuler Géronte dans un grand sac et de l'asséner de coups, de coups et encore de beaux coups.

Dénouement, entre farces et attrapes, fourberies et espiègleries, Hyacinthe est la fille perdue de Géronte et Zerbinette celle d'Argante. Scapin n'a de cesse de maquiller un terrible accident pseudo-mortel sur le sommet de sa tête pour évoquer le repenti auprès des pères d'Octave et de Léandre. De la pitié, ils en éprouvent pour Scapin mal en point. Qu'il meurt l'âme en paix. De l'amitié, ils lui en proclament dans leur pardon respectif. Scapin, guilleret d'être gracié, s'envole de sa chaise roulante pour s'en aller fomenter des vilainies et autres fourberies à qui voudra bien la confiance lui donner le temps de...

Le temps de revoir toute une ribambelle de saltimbanques qui dansent et jouent une musique tzigane gaie, délurée au son de l'accordéon ici, des cuivres là, de la guitare encore. Le ton est donné, ces Fourberies, vous l'avez compris d'aise, vous ont intensément amusées.

La mise en scène par Christophe Glockner dénote par le côté bohême qu'il a voulu leur infuser. L'ambiance sentait bon le braséro, les causeries camelots, les uns pas-de-deux des jolies filles de gadjos, le respect du texte de la pièce à son origine marqué à l'entrain des répliques prononcées avec l'accent tzigane, le décor contextuel et chaleureux, la beauté des costumes seyant à souhait aux comédiens.

Que dire de la prestation des comédiens, une troupe joyeuse, délurée, spontanée, entrainante ne laissant aucun doute quant à l'issue finale, mais l'interprétation de la pièce de Molière revisitée par une mise en scène version bohême, un mot, juste un et sans prétention : Génial.

Les Fourberies de Scapin demeurent, tout à l'heure, une pièce d'actualité traitant du relationnel père-fils, l'insouciance des enfants grandis sur le chemin de la vie à se révéler hermétiques à l'autorité parentale, leur manque de considération face à l'argent. L'ensemble de ces thèmes récurrents à notre société contemporaine ont été astucieusement mis en évidence dans la mise en scène et dans le jeu des comédiens, le tout conjugué avec dérision, vérité, sincérité, l'esprit de famille en plus pour l'amalgame, comme le sont les familles tziganes.

Le public a beaucoup apprécié Les Fourberies de Scapin, selon sa tranche d'âge. Molière, merci, des vocations de comédiens connus ou inconnus, vous avez suscités, des metteurs en scène réputés ou locaux vous avez engendrés, Christophe Glockner en est le joyau et l'écrin.
Mis à jour le 18/03/2010
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