• 1914. Eugène, aussi beau qu’insolent, part pour le front comme engagé volontaire. Un excellent moment.
  • Après Le Balcon et Les Bonnes, La Comédie-Française donne Haute-Surveillance de Jean Genet. C’est un diamant noir qui s’offre au public et qui mériterait une captation.
  • La dernière rencontre de Titus et de Bérénice vue par Robert Brasillach
  • Anémone joue son Boulevard du Crépuscule. Abordée sans détour,  la Maladie d’Alzheimer.  Beaucoup de nostalgie. Le rire en plus.
  • Un huis-clos romantique, teinté de poésie. La raison dérive et pourtant les acteurs sont bien là, en chair et en os.


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INFOS PRATIQUES
Affiche du spectacle
© Domnique Jaussein
Du 19/02/2010
au 23/02/2010

Le 19 février à 20h, le 21 février à 14h30 et le 23 février à 20h.
Opéra de Nice
4-6 rue Saint-François de Paule
06300 NICE
Réservations :
04 92 17 40 00
Site Internet
Avouons-le bien bas. C’est en traînant les pieds que nous nous rendions à l’Opéra de Nice pour découvrir ce Lucio Silla, écrit par un Mozart de dix-sept ans. Bien sûr, on savait que ça et là, la musique était divine, certes moins complexe que ne le sera celle des grands ouvrages postérieurs avec toutefois quelques belles véhémences. Qu’il y avait aussi dans cette partition des airs miraculeux qui tiennent parfois de l’exercice de virtuose pour salle de concert...

Mais on savait également, qu’en voulant respecter les règles de son temps (l’ouvrage a été crée à Milan en 1773), le génie précoce se montrait également soucieux de respecter les règles de son temps. Avec cette complaisance dans des récitatifs écrits au kilomètre, parfois rhétoriques, s’ouvrant sur des airs certes d’une beauté esthétique irréfutable mais interminables et statiques. Le chœur moins sollicité par exemple que dans Idoménée fait preuve, lui, d’une bien piètre vitalité. Et puis, et puis... Que faire, que dire après les approches d’un Ponnelle (Zurich 1980) ou d’un Chéreau (Milan 1984) qui restent encore dans toutes les mémoires ?

En réécrivant à sa manière la dramaturgie de l’ouvrage, Dieter Kiegi nous plonge au cœur d’une dictature romaine très jet-set, habillée chic dans de luxueux costumes sortis d’un défilé de haute couture, évoluant dans un décorum modern style, entre Philippe Stark et Galerie d’art moderne. Comme pour mieux montrer les personnages dans leur complexité humaine, dans leur difficulté à s’assumer. Et nous les rendre modernes.

A la cour glamour de ce Lucio Silla, intrigues, complots, sont déshabillés de leur surcharge baroquisante. Dans un théâtre de vie quotidienne, les personnages s’affrontent dans une impossibilité à s’assumer, une impuissance de bonheur, un aveu de douleur. Telle une tragique télé-réalité aux éclairages consommés, qui d’un coup nous rend ces pantins ambitieux ou fébriles ô combien pitoyables... mais humains, tellement humains...

Les six chanteurs engagés pour l’occasion sont, avec des bonheurs divers, au-dessus de tout éloge. Leur performance d’acteurs ferait presque oublier certaines failles techniques. Daniela Bruera (Giunia) caracole sur ses notes stratosphériques avec une élégance rare. Son mari Cecilio (Christine Knorren) est d’une vibrante émotion, surtout dans les bouleversantes déchirures ultimes.

Brigitte Hool campe une Célia frondeuse, inhabituellement primesautière et l’épisodique Aufidio du Coréen Min Seok Kim qui restera une jolie révélation manque d’un soupçon de vraie italianità.

Matthias Klink, un spécialiste du rôle titre, ne semble guère gêné par la tessiture peu confortable écrite par le compositeur. Une noblesse naturelle, un peu trop naturellement méchant (car porté sur la Dive Bouteille ?), un rien de morgue pathétique, ce n’est pas sans soulagement qu’on le voit rendre le pouvoir.

Dans la fosse, Guido J. Rumstadt épouse l’esprit de l’œuvre et la vision imposée par le metteur en scène. Une souplesse féline, une réjouissante urgence dans les soporifiques récitatifs, une agressivité, du relief, un certain éclat. Il fallait bien cela pour faire passer cette pilule mozartienne qui nous trimbale des ors et fastes des palais de la république aux sombres catacombes romaines. Avec happy end téléphoné comme dans la Clémence de Titus. Toute ressemblance avec...
Mis à jour le 23/02/2010
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