• Un jeu d’acteurs virevoltant et une pièce pleine de facĂ©ties.
  • Un conte Ă©cofĂ©ministe pour enfants ! Original, inventif, dynamique et questionnant ! Une vĂ©ritable pĂ©pite Ă  aller dĂ©couvrir au ThĂ©o Théâtre.
  • Après un arrĂŞt cardio-respiratoire de 35 minutes, Olivier Maillet, atterrit plus mort que vif au service rĂ©animation de l'hĂ´pital Bichat, Ă  Paris.
  • A applaudir tant il est rare d'Ă©couter un texte lĂ©gendaire se dire avec humilitĂ©.
  • Une vraie prouesse. L'un des meilleurs spectacles pour enfants depuis longtemps.


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INFOS PRATIQUES
Affiche du spectacle
© Domnique Jaussein
Du 19/02/2010
au 23/02/2010

Le 19 février à 20h, le 21 février à 14h30 et le 23 février à 20h.
Opéra de Nice
4-6 rue Saint-François de Paule
06300 NICE
Réservations :
04 92 17 40 00
Site Internet
Avouons-le bien bas. C’est en traînant les pieds que nous nous rendions à l’Opéra de Nice pour découvrir ce Lucio Silla, écrit par un Mozart de dix-sept ans. Bien sûr, on savait que ça et là, la musique était divine, certes moins complexe que ne le sera celle des grands ouvrages postérieurs avec toutefois quelques belles véhémences. Qu’il y avait aussi dans cette partition des airs miraculeux qui tiennent parfois de l’exercice de virtuose pour salle de concert...

Mais on savait Ă©galement, qu’en voulant respecter les règles de son temps (l’ouvrage a Ă©tĂ© crĂ©e Ă  Milan en 1773), le gĂ©nie prĂ©coce se montrait Ă©galement soucieux de respecter les règles de son temps. Avec cette complaisance dans des rĂ©citatifs Ă©crits au kilomètre, parfois rhĂ©toriques, s’ouvrant sur des airs certes d’une beautĂ© esthĂ©tique irrĂ©futable mais interminables et statiques. Le chœur moins sollicitĂ© par exemple que dans IdomĂ©nĂ©e fait preuve, lui, d’une bien piètre vitalitĂ©. Et puis, et puis... Que faire, que dire après les approches d’un Ponnelle (Zurich 1980) ou d’un ChĂ©reau (Milan 1984) qui restent encore dans toutes les mĂ©moires ?

En rĂ©Ă©crivant Ă  sa manière la dramaturgie de l’ouvrage, Dieter Kiegi nous plonge au cœur d’une dictature romaine très jet-set, habillĂ©e chic dans de luxueux costumes sortis d’un dĂ©filĂ© de haute couture, Ă©voluant dans un dĂ©corum modern style, entre Philippe Stark et Galerie d’art moderne. Comme pour mieux montrer les personnages dans leur complexitĂ© humaine, dans leur difficultĂ© Ă  s’assumer. Et nous les rendre modernes.

A la cour glamour de ce Lucio Silla, intrigues, complots, sont déshabillés de leur surcharge baroquisante. Dans un théâtre de vie quotidienne, les personnages s’affrontent dans une impossibilité à s’assumer, une impuissance de bonheur, un aveu de douleur. Telle une tragique télé-réalité aux éclairages consommés, qui d’un coup nous rend ces pantins ambitieux ou fébriles ô combien pitoyables... mais humains, tellement humains...

Les six chanteurs engagés pour l’occasion sont, avec des bonheurs divers, au-dessus de tout éloge. Leur performance d’acteurs ferait presque oublier certaines failles techniques. Daniela Bruera (Giunia) caracole sur ses notes stratosphériques avec une élégance rare. Son mari Cecilio (Christine Knorren) est d’une vibrante émotion, surtout dans les bouleversantes déchirures ultimes.

Brigitte Hool campe une Célia frondeuse, inhabituellement primesautière et l’épisodique Aufidio du Coréen Min Seok Kim qui restera une jolie révélation manque d’un soupçon de vraie italianità.

Matthias Klink, un spécialiste du rôle titre, ne semble guère gêné par la tessiture peu confortable écrite par le compositeur. Une noblesse naturelle, un peu trop naturellement méchant (car porté sur la Dive Bouteille ?), un rien de morgue pathétique, ce n’est pas sans soulagement qu’on le voit rendre le pouvoir.

Dans la fosse, Guido J. Rumstadt Ă©pouse l’esprit de l’œuvre et la vision imposĂ©e par le metteur en scène. Une souplesse fĂ©line, une rĂ©jouissante urgence dans les soporifiques rĂ©citatifs, une agressivitĂ©, du relief, un certain Ă©clat. Il fallait bien cela pour faire passer cette pilule mozartienne qui nous trimbale des ors et fastes des palais de la rĂ©publique aux sombres catacombes romaines. Avec happy end tĂ©lĂ©phonĂ© comme dans la ClĂ©mence de Titus. Toute ressemblance avec...
Mis à jour le 23/02/2010
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