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Ces fables bercées par le rêve américain, caractéristiques de l'humour juif new-yorkais, ont une portée universelle : histoires d'un passé singulier qui resurgit, histoires d'ici et d'ailleurs...

INFOS PRATIQUES
Affiche du spectacle
© X,dr
Du 11/02/2010
au 12/02/2010

20h30.
Théâtre des Halles
4, rue Noël-Biret
84000 AVIGNON
Tarif : 17€ / 14€
Réservations :
04 90 85 52 57
74 Georgia Avenue... est une pièce contenant trois pièces en un acte de Murray Schisgal. La première pièce, Le Vieux Juif, nous raconte l'histoire d'un vieil homme revivant l'espace d'un instant dans la solitude d'un appartement new-yorkais. Au paroxysme de l'isolement, il s'invente un rendez-vous improvisé avec ses voisins. Le décor, un studio sommaire, est très près du public, ce qui nous donnerait l'impression d'être dans l'appartement avec le vieux juif, interprété avec brio par Stéphane Valensi. Un personnage touchant, vrai, qui provoque la surprise en enlevant sa perruque blanche, tellement on était entré dans le jeu du vieil homme, qu'on aurait cru réellement vieux, et réellement seul. Cette pièce est un monologue enivrant, qui n'est ni trop long ni trop court et dont nous ne perdons aucune miette, tant le texte est beau et Stéphane Valensi se trouve être le parfait porteur de parole.

La pièce suivante, Les Marchands ambulants, nous emmène dans une rue peu passante, toujours dans New York, où "travaille" un homme d'une quarantaine d'années, vêtu d'un costume rapiécé. Un Juif nouvellement arrivé sur le territoire américain passe par là. Il fait donc la rencontre de cet Américain qui est en fait un Juif, lui aussi récemment arrivé, mais dont le premier achat fut un nom à consonance américaine. Cette pièce est drôle tout en étant touchante ; sous son aspect de légèreté, elle nous montre le changement qui s'opère chez le jeune homme venant d'arriver aux Etats-Unis, lorsque celui-ci finit par choisir un nom américain, sous l'insistance pesante de son nouvel associé. Auparavant timide et peu sûr de lui, il devient presque arrogant avec la jeune vendeuse de fleurs qu'ils viennent de rencontrer. C'est un joli trio, interprété par Stéphane Valensi, Marc Berman, excellent dans le rôle du vendeur-arnaqueur, et Guilaine Londez, très touchante en artiste désespérée reconvertie en vendeuse de fleurs.

La spectacle se termine sur une note moins gaie, avec la pièce-titre, 74 Georgia Avenue. Nous sommes dans un appartement, apparemment dans Brooklyn ; un homme, blanc (Marc Berman) fait irruption chez un homme noir (Paulin F. Fodouop), qui vit seul avec sa femme, gravement malade. Marty s'impose chez le noir, Joseph, qui est drôlement surpris de voir un blanc surgir dans ce quartier unichrome. L'Américain veut se souvenir de son enfance, de sa chambre dans l'appartement, de son ancienne vie dans le quartier... Joseph finit par l'accepter, et partager avec lui des souvenirs, communs, à leur grande surprise. Cette dernière pièce, plus longue, moins enlevée, semble mystérieuse. Le passé commun des deux hommes pourtant si différents reste peut-être à une dimension trop personnelle pour réellement toucher le spectateur.

Dans l'ensemble, c'est une pièce touchante, drôle, passionnante qui nous est présentée par une si jolie troupe, totalement en harmonie, et dont les personnages restent toujours crédibles et en osmose les uns par rapport aux autres. On passe vraiment un bon moment, les personnages nous permettent de croire dans ces histoires d'exil ; c'est comme un instant de témoignage, une page ouverte sur le passé qui nous montre une facette de l'histoire juive-américaine. Hommage à Stéphane Valensi, qui signe une belle traduction du texte de Murray Schisgal, ainsi qu'une excellente mise en scène contemporaine avec des décors mouvants. Même les changements de décors sont subtils : dans une jolie pénombre, des ombres viennent bouger les murs, changer les meubles de place pour installer un New York ancien.
Mis à jour le 10/02/2010
LE BON PLAN
Une place offerte pour une place achetée à 17€ (soit 8,50€ la place). Réservations en ligne. Dans la limite des places disponibles.
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