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  • Une vraie prouesse. L'un des meilleurs spectacles pour enfants depuis longtemps.


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Nice s’est mis, le temps d’un week-end, à l’heure de Bayreuth, à l’Acropolis, avec deux représentations du Parsifal de Wagner, monté en coproduction avec Genève et Leipzig.

INFOS PRATIQUES
Affiche du spectacle
© philippeauguin.com
Du 15/01/2010
au 17/01/2010

Le 15 janvier Ă  19h et le 17 janvier Ă  14h30 Ă  Acropolis.
Opéra de Nice
4-6 rue Saint-François de Paule
06300 NICE
Réservations :
04 92 17 40 00
Site Internet
Œuvre prĂ©fĂ©rĂ©e de Hitler, messe sacrĂ©e pour tout wagnĂ©rien qui se respecte, d’un ridicule achevĂ© pour les agnostiques, inconvenante pour les croyants intĂ©gristes, "singerie inconsciente du rite religieux" selon Igor Stravinsky, Parsifal mĂ©lange allĂ©grement Ă©sotĂ©risme, geste chevaleresque et religion chrĂ©tienne dans un interminable fatras mystico-moralisateur qui nous narre – en fond sonore plus de quatre heures de musique ! – encore une fois le mythe du hĂ©ros rĂ©dempteur.

Arracher donc cette mélopée dolente qu’est Parsifal à sa léthargie philosophique et touffue, lui donner du nerf, souligner chaque détail d’une orchestration raffinée, il fallait le faire, le metteur en scène et décorateur helvétique Richard Aeschlimann, l’a fait, proprement, avec même une réelle originalité mais sans vraie spiritualité.

Tout simplement en racontant ce mystère sacré à la bondieuserie démentielle sans trop chercher midi à quatorze heures, dans une suite de tableaux animés (costumes de Suzanne Raschig), par ailleurs magnifiquement éclairés, aux couleurs vives, que l’on dirait copiés sur les meilleures productions en technicolor et son dolby stéréo importées d’Hollywood. Dans ce désir de dépoussiérage salvateur, il manque d’un rien de respect à la lettre aux intentions du teuton compositeur, le plus génialement déjanté de sa génération.

Aeschlimann laisse donc au placard Ă  balais ses recommandations scĂ©niques ou théâtrales et nous propose un film de capes et d’épĂ©es futuriste, une heroic fantasy new age aux images parfois bien revĂŞches Ă  la partition. LĂ  le bât a blessĂ© plus d’une fois. PrĂ©senter le Saint Graal comme une sorte de boite Ă  chaussures design pouvait se rĂ©vĂ©ler drĂ´le, mais lorsque la musique appelle la lumière, ce polyèdre Ă©trange et suspendu dans les airs, sorti d’une bouche bĂ©ante d’égout ou d’un cœur de centrale nuclĂ©aire, reste trop terne, sombre, sans vie. Le propos un temps novateur tombe alors Ă  plat.

Bien peu d’élĂ©vation spirituelle aussi, de frisson, dans l’Enchantement du Vendredi-Saint. Sans doute par souci d’œcumĂ©nisme, Ă  trop dĂ©sacraliser, le metteur en scène s’enlise finalement dans l’hĂ©rĂ©sie dĂ©corative voire le ridicule achevĂ©, tel ce tableau ultime de PietĂ  "alla" Michel-Ange renversĂ©...

Parole d’un mĂ©crĂ©ant venu ici chercher un soir ce rien d’émotion contenue dans une œuvre magistralement suffocante par sa dĂ©mente dĂ©mesure, au propos rĂ©barbatif, mais dont il ne saurait se passer... Dieu que c’est dur une messe quand on n’a pas la foi ! On pouvait dès lors s’extasier sur les restes vocaux glorieux de Kurt Rydl, louer son intelligence du texte, du geste, son sens des nuances, la tragique noblesse de son Gurnemanz. Grandioses Ă©galement les lamentations lyriques et torrentielles de Jukka Rasileinen en Amfortas très Christ de Passion. Cauteleux et retors Ă  souhait le Klingsor Ă©pisodique de Peter Sidhom.

Dans le rĂ´le titre Gary Lehman, dĂ©guisĂ© en Simbad ou Ali Baba, un rien benĂŞt, est la jeunesse mĂŞme. Sa voix, brut de dĂ©coffrage, claironne fièrement. Elena Zhidkova enfin trouve en Kundry un rĂ´le Ă  la mesure de sa personnalitĂ©. Si le registre grave n’est pas exceptionnel, reconnaissons que sa composition est rĂ©ussie, tour Ă  tour bĂŞte sauvage, esclave moralement enchaĂ®nĂ©e, puis mère ruisselante du lait de la tendresse humaine. Avec parfois ce rien de regard de la Marie-Madeleine pour le supplice du Roi des Rois. Chœurs masculins impressionnants, Filles-Fleurs un peu moins, chorĂ©graphie un rien empotĂ©e, seconds rĂ´les bien en place.

On sait que les parties orchestrales de la partition constituent l’autre intérêt de Parsifal. Avec un Philarmonique de Nice survolté, en état de grâce, drivé comme pas deux, on a rarement entendu un Wagner aussi plein de rutilances solistes, de sonorités impressionnistes. Sous la direction rapide, nerveuse de Philippe Auguin, la cérémonie s’irise de couleurs luxuriantes, inquiétantes, hallucinogènes.
Mis à jour le 17/01/2010
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