• Un riche écrivain reçoit la lettre d'une femme qui lui révèle la passion qu'elle a nourrie pour lui, sans que jamais il ne s'en aperçoive.
  • Le pari est osé car cette forme théâtrale, ces enchaînements sans fioritures mettent de côté le divertissement au service de l’écoute attentive.
  • Plus de 30 ans de présence sur scène… L’indémodable Popeck fait toujours recette ! Son fidèle public le suit, toutes générations confondues...
  • La pièce la plus sombre d’Henrik Ibsen où l’auteur oscille entre la critique sociale et  son amour inconditionnel pour un personnage qu’on aurait plutôt tendance à détester.
  • Des jouets qui prennent vie ?! Un rêve d’enfant qui se réalise sur scène dans ce joli spectacle musical mêlant des danses, des chansons et textes drôles et tendres. C’est très réussi et le jeune public adore !


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Nice s’est mis, le temps d’un week-end, à l’heure de Bayreuth, à l’Acropolis, avec deux représentations du Parsifal de Wagner, monté en coproduction avec Genève et Leipzig.

INFOS PRATIQUES
Affiche du spectacle
© philippeauguin.com
Du 15/01/2010
au 17/01/2010

Le 15 janvier à 19h et le 17 janvier à 14h30 à Acropolis.
Opéra de Nice
4-6 rue Saint-François de Paule
06300 NICE
Réservations :
04 92 17 40 00
Site Internet
Œuvre préférée de Hitler, messe sacrée pour tout wagnérien qui se respecte, d’un ridicule achevé pour les agnostiques, inconvenante pour les croyants intégristes, "singerie inconsciente du rite religieux" selon Igor Stravinsky, Parsifal mélange allégrement ésotérisme, geste chevaleresque et religion chrétienne dans un interminable fatras mystico-moralisateur qui nous narre – en fond sonore plus de quatre heures de musique ! – encore une fois le mythe du héros rédempteur.

Arracher donc cette mélopée dolente qu’est Parsifal à sa léthargie philosophique et touffue, lui donner du nerf, souligner chaque détail d’une orchestration raffinée, il fallait le faire, le metteur en scène et décorateur helvétique Richard Aeschlimann, l’a fait, proprement, avec même une réelle originalité mais sans vraie spiritualité.

Tout simplement en racontant ce mystère sacré à la bondieuserie démentielle sans trop chercher midi à quatorze heures, dans une suite de tableaux animés (costumes de Suzanne Raschig), par ailleurs magnifiquement éclairés, aux couleurs vives, que l’on dirait copiés sur les meilleures productions en technicolor et son dolby stéréo importées d’Hollywood. Dans ce désir de dépoussiérage salvateur, il manque d’un rien de respect à la lettre aux intentions du teuton compositeur, le plus génialement déjanté de sa génération.

Aeschlimann laisse donc au placard à balais ses recommandations scéniques ou théâtrales et nous propose un film de capes et d’épées futuriste, une heroic fantasy new age aux images parfois bien revêches à la partition. Là le bât a blessé plus d’une fois. Présenter le Saint Graal comme une sorte de boite à chaussures design pouvait se révéler drôle, mais lorsque la musique appelle la lumière, ce polyèdre étrange et suspendu dans les airs, sorti d’une bouche béante d’égout ou d’un cœur de centrale nucléaire, reste trop terne, sombre, sans vie. Le propos un temps novateur tombe alors à plat.

Bien peu d’élévation spirituelle aussi, de frisson, dans l’Enchantement du Vendredi-Saint. Sans doute par souci d’œcuménisme, à trop désacraliser, le metteur en scène s’enlise finalement dans l’hérésie décorative voire le ridicule achevé, tel ce tableau ultime de Pietà "alla" Michel-Ange renversé...

Parole d’un mécréant venu ici chercher un soir ce rien d’émotion contenue dans une œuvre magistralement suffocante par sa démente démesure, au propos rébarbatif, mais dont il ne saurait se passer... Dieu que c’est dur une messe quand on n’a pas la foi ! On pouvait dès lors s’extasier sur les restes vocaux glorieux de Kurt Rydl, louer son intelligence du texte, du geste, son sens des nuances, la tragique noblesse de son Gurnemanz. Grandioses également les lamentations lyriques et torrentielles de Jukka Rasileinen en Amfortas très Christ de Passion. Cauteleux et retors à souhait le Klingsor épisodique de Peter Sidhom.

Dans le rôle titre Gary Lehman, déguisé en Simbad ou Ali Baba, un rien benêt, est la jeunesse même. Sa voix, brut de décoffrage, claironne fièrement. Elena Zhidkova enfin trouve en Kundry un rôle à la mesure de sa personnalité. Si le registre grave n’est pas exceptionnel, reconnaissons que sa composition est réussie, tour à tour bête sauvage, esclave moralement enchaînée, puis mère ruisselante du lait de la tendresse humaine. Avec parfois ce rien de regard de la Marie-Madeleine pour le supplice du Roi des Rois. Chœurs masculins impressionnants, Filles-Fleurs un peu moins, chorégraphie un rien empotée, seconds rôles bien en place.

On sait que les parties orchestrales de la partition constituent l’autre intérêt de Parsifal. Avec un Philarmonique de Nice survolté, en état de grâce, drivé comme pas deux, on a rarement entendu un Wagner aussi plein de rutilances solistes, de sonorités impressionnistes. Sous la direction rapide, nerveuse de Philippe Auguin, la cérémonie s’irise de couleurs luxuriantes, inquiétantes, hallucinogènes.
Mis à jour le 17/01/2010
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