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Catherine de Médicis rêve, depuis des années, de conquérir le royaume d'Angleterre. Pour arriver à ses fins, elle va inciter son fils préféré, Henri III, a épouser Elisabeth I, reine d'Angleterre, toujours célibataire malgré son âge avancé. Et vierge par dessus le marché ! Inutile de préciser que ce mariage arrangé n'est pas du goût de notre pauvre Henri III. Avec sa sœur adorée, la reine Margot, avec laquelle il entretient une liaison incestueuse, il va s'arranger pour se faire passer pour... gay !
Quel plaisir de voir évoluer sur la scène ces comédiens-là, débordant d'énergie. Dans ce royaume en folie, nos têtes couronnées n'en font qu'à leur... tête. Et s'emmêlent dans des situations rocambolesques à mourir de rire. Soutenues par une mise en scène endiablée. Chez nous autres français, il y a cet Henri III métamorphosé en boute-en-train homosexuel, cette Reine Margot à la libido sauvage et cette Catherine de Médicis, calculatrice à l'extrême, prête à tout pour assouvir son désir de conquête... Chez nos voisins anglais, voici un duc de Buckingham qui préfère les hommes et une Elisabeth I qui aime à se travestir en sir Andrew... La nuit s'annonce mouvementée !
Le texte de Michel Heim, tout en alexandrins, mélange les styles - avec un vocabulaire classique ou très contemporain - et déborde de clins d'œil à la littérature ou la musique. Au hasard, Margot n'a jamais entendu parler de Shakespeare (petit hommage à la Nuit des rois !) mais avoue avoir un faible pour Alexandre Dumas, et appelle le duc anglais par une formule des plus inattendues mais fort bien à propos : "Allez, venez… Milord !". Le spectateur est ravi et rit de bon cœur. Il en redemanderait presque. Peut-être l'année prochaine pour une sixième reprise en Avignon ? |